Jean CANOLLE nous a quitté

English versionJ’ai un mois de retard. Je viens de l’apprendre que maintenant : Jean CANOLLE n’est plus. Il nous a quitté ce mardi 15 septembre à l’âge de 90 ans. Les médias n’en ont pas parlé plus que ça… Il est vrai que je regarde peu la télévision et sur Internet il y a quelques annonces que j’ai loupé notamment sur nostalgie.fr…

Il est né à Monaco (sur Paris*Théâtre le n°154 de novembre 1959 ils disent à Toulon…) le 25 mai 1919. Avant la guerre il monte à Paris où il écrit, fait du théâtre et aussi du cinéma comme assistant metteur en scène. Pendant la guerre, il est objecteur de conscience comme moi. On en a parlé une fois dans un café à Blandy-les-Tours où il me racontait qu’il avait failli mourir. Les français avaient enfermé tous les objecteurs de conscience dans un abris et les avaient laissé sous les tires des ennemis !

Après la guerre, il écrit son premier roman Le grand péché de Fontcouverte et fait ses premiers courts-métrages. Il écrit et ses pièces se jouent avec succès : La petite Phèdre (1952), Hamlet de Tarascon (1954 au Théâtre La Bruyère), Lady Godiva (1958 au Théâtre Edouard VII avec Sylvia MONTFORT), La Jument du Roi (1959 avec Jacques FABBRI)…

Jean CANOLLE

En 1961 est diffusé quotidiennement sur l’ORTF Le Temps des copains dont il est l’auteur. Il réalisera également des téléfilms qui auront leurs succès comme Maurin des Maures (1970), La Calanque (1987).

Je l’ai rencontré pour la première fois en 1994. Il était venu voir mon spectacle Le Funambule de Jean GENET. Quelques mois plus tard, j’avais le trac, j’étais assis chez lui parmi d’autres comédiens et comédiennes et nous faisions la lecture de sa pièce La Florentine. Heureux et fier je faisais partie de sa troupe nouvellement créée : La compagnie d’Harcourt. J’ai joué sous sa direction quatre spectacles : La Florentine, L’assemblée des femmes, Les Fioretti et Le Prix Martin.

Je suis très heureux d’avoir débuté ma carrière d’acteur à ses côtés. Il voulait dans sa troupe l’idéologie de Jean VILAR : un travail théâtral élitiste pour tous. Que le spectateur s’amuse, rigole mais qu’il apprenne également avec avant le spectacle un discours qu’il faisait pour « amener » sa pièce. J’adhérais à cent pour cent. Je rêvais de Jean VILAR, de Gérard PHILIPE, je ne pouvais tomber mieux !

Il aimait utiliser mon savoir faire de Mime, chose que j’appréciais. La ville de Melun a beaucoup fait pour la compagnie. Puis petit à petit il a vraiment pris sa retraite mais avait toujours cette amour de l’écrit et des projets. Je l’avais rencontré inopinément dans la rue il travaillait comme réalisateur pour une télé dans l’Essonne. Il avait un rôle pour moi… C’est la dernière fois que je l’ai vu.

Au revoir Jean CANOLLE.
A bientôt.



3 commentaires

  1. […] TAUTOU. J’y allais pour applaudir Nicolas WOIRION avec qui j’ai joué La Florentine de Jean CANOLLE. Il faisait mon maître j’étais « Siro » son serviteur. Bon […]

  2. Bruno a écrit :

    Bonjour, je cherche le livre de Jean Canolle, « moi et les Borgia, les aventures truculentes de micheletto corola », le tueur attitré des Borgia. je vous remercie infiniment. Bruno.

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