Retour sur la présentation de Saison

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Ce jeudi à l’Espace Saint-Jean de Melun (77) j’ai présenté au public venu au Studio de Conférences la Saison 2013 / 2014 de la compagnie « Le Bateau Ivre ». Au programme 7 Conférences – Débats autour du projet Laurenzaccio, deux Stages et un Spectacle de Mime. Voici la vidéo intégrale de la présentation (Les questions réponses avec la salles débutent vers la trentième minutes) :

Et voici le document qui m’a servi de support :

Bonjour à tous. Merci d’être présent sur la présentation de saison de la compagnie « Le Bateau Ivre ». 2013 c’est les 20 ans de la compagnie « Le Bateau Ivre ». On existe depuis 1993. On a fait 13 spectacles. On a fait divers stages artistiques. Je n’ai pas réussi à les énumérer. Je sais qu’il y a eu un stage de « Théâtre-Chant » animé par Anne-Marie. Il y a eu un stage de « Café-Théâtre » aussi animé par Anne-Marie. Un stage d’ « Écriture » animé par Cécile Deshayes, il me semble. Je me souviens de ces trois stages après il y en a eu d’autres… j’ai animé pleins de stages de Mime mais pas forcément à l’Espace Saint-Jean de Melun. Après on a présenté des Lectures publiques. C’était à l’Université Inter-Âges la première. On a présenté des Débats radiophoniques sur une antenne qui s’appelle et s’appelait Horizon FM je crois que ça existe toujours. C’est à Saint-Fargeau Ponthierry. On a présenté des Débats sur des thèmes aussi variés que le Nucléaire, que les Droits de l’Enfant, les Droits de l’Homme, l’Écologie. On a fait des prestations de Théâtre Forum dans la tradition d’Augusto Boal, du Théâtre de l’Opprimé, sur l’Alcoolisme, le SIDA et la Prévention routière. On a fait deux tournages. Un pour Jean-Michel Jarre. Il avait besoin d’un mime pour ses projections vidéos lors d’un de ses concerts à Pékin. On a eu aussi une commande l’entreprise Siemens où on a réalisé le film. Un film de 20 minutes autour des produits Siemens. Le réalisateur était Sylvain Delme. Et après nous avons fait des prestations d’animations événementielles. J’en ai répertorié 114. Depuis 1999 je crois on fait des prestations événementielles que ce soit du Mime Suiveur, des Statues Vivantes, du Mime Charlot donc toujours avec un attrait vers le mime. Vous pouvez retrouver toute l’histoire du Bateau Ivre sur la Timeline et sur depuis 2009 sur la map. Donc je vais vous présenter la neuvième Saison à l’Espace Saint-Jean. On est installé à l’Espace Saint-Jean depuis 1997 mais on s’est interrompu vers 2004 pour justement aller de part la France présenter les spectacles et présenter nos prestations événementielles. On a présenté quand même avec une co-réalisation de la Ville de Melun « L’île du trésor oublié » en 2006 qui est un spectacle de Commedia dell’Arte et de masques et en 2011 un spectacle de Mime : Mr Alone dans « Marche dans les nuages ». Qui étaient tous les deux à l’Espace Saint-Jean en co-réalisation donc ce n’était pas véritablement une Saison proprement dite du bateau Ivre à l’Espace Saint-Jean.
Nous avons réalisé cette neuvième Saison à l’Espace Saint-Jean de Melun pour pouvoir créer notre futur projet théâtral qui est « Laurenzaccio ». C’est un projet qui est pour l’instant à l’étape d’écriture. Comme vous pouvez le voir la première cession autour de l’écriture commencera le 16, 17 et 18 janvier 2014. Donc dans trois mois avec la participation de Mario Gonzalez qui va s’inspirer de « Lorenzaccio » d’Alfred de Musset et d’ « Une Conspiration en 1537 » de George Sand. Donc une œuvre romantique écrite en 1834 à partir de faits historiques qui datent de 1536, l’ancien calendrier, 1537 le nouveau calendrier. Avant le nouvel an était vers Pacques et comme les faits historiques sont en janvier sur l’ancien calendrier c’était en 1536. Une deuxième cession d’écriture est prévue pour octobre. Et après le travail de plateau et de création proprement dite sur la Saison 2015 / 2016. On est à la recherche de partenaires que ce soit des pré-achats du spectacle, des partenaires en co-production, et des partenaires en résidence, pour nous accueillir sur la résidence d’octobre par exemple ou sur les résidences de travail de plateau et de création. Pour soutenir le projet il y a un site www.laurenzaccio.com. Vous pouvez aller faire un petit tour dessus. Ce projet de financement donc toute cette saison ci va servir à construire et à réaliser le projet. On a prévu sept Conférences – Débats, une par mois à partir de décembre jusqu’au mois de juin 2014 sur des thèmes différents. Les trois premières seront animées par Coralie Pasbecq qui est sur la deuxième photo. Donc on va aborder « Lorenzacio, un texte audacieux ! ». Lorenzaccio la pièce d’Alfred de Musset écrite en 1834 c’est une pièce audacieuse parce qu’il y a plus de 80 personnages. C’est une pièce qui si on ne faisait aucune coupure elle durerait plus de 4 heures. Il y a plus de 40 scènes. Et au départ, Lorenzaccio est un plus un spectacle « dans un fauteuil ». Puisque Musset s’est vite aperçu que les exigences théâtrales freinaient sa frénésie artistique, créative… Il a inventé le concept « Spectacle dans un fauteuil ». Le spectateur au lieu de partir au théâtre, il reste dans son fauteuil auprès de sa cheminée de 1830, il ouvre son petit recueil avec les textes d’Alfred de Musset et il se fait son propre théâtre dans son salon, dans sa tête grâce aux écrits d’Alfred de Musset. Et là les 80 personnages peuvent venir à l’aise, les changements de décors des 40 scènes sont habilement mélangés dans sa tête. Donc c’est pour ça que c’est un texte audacieux. La dernière conférence de Coralie Pasbecq c’est en février c’est « Spectacle dans un fauteuil ? » donc elle nous explique le concept de Musset. Après je reprends la main. « Benedetto, George et Alfred »  Benedetto parce que c’est  Benedetto Varchi qui en 1536 est le documentaliste du Duc Alexandre. C’est lui qui tous les jours du règne d’Alexandre nous écrit sa vie et nous écrit son assassinat par Lorenzo de Médicis, qui est le cousin d’Alexandre. Donc George Sand retrouve les textes de Benedetto Varchi et écrit « Une conspiration en 1537 ». Qui est vraiment non pas une pièce de théâtre mais un document historique. Une pièce historique, je crois qu’elle l’appelle Pièce historique. Là il n’y a que 10 personnages, il y a 6 tableaux je crois au maximum. Deux ans plus tard, Alfred de Musset s’en sert pour écrire Lorenzaccio, cette pièce monstre. Après nous allons parler de l’Italie en 1536 donc là la Renaissance, la politique en Italie. On va parler de l’artistique en Italie, et après de la part politique dans Lorenzaccio. J’aurai peut-être le concours d’un jeune comédien local Florimond Constant qui peut-être m’aidera sur cette conférence de « La part politique dans Lorenzaccio ». Et après nous allons aborder l’univers du clown puisque Laurenzaccio, pièce romantique sera montée en clown. La matière préférée de Mario Gonzalez. Il a commencé sa carrière théâtrale par le clown au Guatemala. Après il est venu en 1968 en France. On a réalisé avec Anne-Marie un Entretien avec Mario Gonzalez qui dure 45 minutes qui a été posté sur SilenceCommunity.com qui est un site communautaire pour les mimes que j’ai réalisé et que « Le Bateau Ivre » m’a aidé à héberger sur ses serveurs. Il y a 250 mimes qui sont inscrits dans ce site et on dialogue et on se partage les agendas, les photos, les vidéos de nos itinéraires et de nos aventures et projets artistiques de mime. Comme Mario Gonzalez aime beaucoup le mime… il me l’avait dit lors d’un stage en 2004 et j’avais beaucoup apprécié l’homme théâtral s’intéressant au mime, il y en a peu donc ça m’avait interpellé et intéressé, j’avais beaucoup apprécié, et quelques années plus tard je lui ai demandé si je pouvais faire un entretien sur sa vie… Il a dit oui. On est allé à la Maison des Auteurs de la SACD à Paris et pendant deux heures on a écouté Mario Gonzalez nous parler de son itinéraire. Et don au Guatemala c’était du clown avant d’être du masque chez Ariane Mnouchkine et avant d’être professeur de jeu masqué au Conservatoire depuis 1981. C’est le professeur le plus ancien en poste. Il y est depuis 1981. Je crois que dans l’histoire du Conservatoire il n’y a jamais eu de professeur sur une durée aussi longue… et riche.
Après le cycle des Conférences – Débats il va y avoir deux stages de Mime. Un stage pour les enfants et les pré-adolescents et un stage pour les adolescents et les adultes, de 14 à 77 ans. Donc pendant 4 jours à raison de 3 heures par jour, l’après-midi à l’Espace Saint-Jean dans la salle de Musique avec 12 stagiaires maximum on va aborder le Mime selon Marcel Marceau. Et pas le Mime… parce qu’il y a plusieurs sortes de mime. Il y a a Pantomime Blanche qui existe depuis 1820 avec Jean-Baptiste Gaspard Deburau, à Paris, a inventé le personnage Pierrot. La Comédie-Française avait le monopole du verbe, tous les autres théâtres, devaient se débrouiller, mais ne devaient pas utiliser la parole. Donc il y a eu la création de l’Opéra Comique. Il y a eu divers essais. Les acteurs allaient dans les coulisses pour parler puis après revenaient sur scène et lorsque c’était au personnage protagoniste de parler, il repartait dans les coulisses. Ils n’étaient pas sur scène, ils avaient le droit de parler. Mais artistiquement et pour les spectateurs c’était plus ou moins intéressant. Il y a eu aussi des guindes qu’ils mettaient au dessus de la scène. Les acteurs se mettaient sur ces guindes ils étaient au dessus de la scène, ils n’étaient pas sur, et donc ils disaient leur texte comme ça. Après ils descendaient de la guinde, etc… il y avait pleins de petits subterfuges inventés mais artistiquement ce n’était pas bon. Jean-Baptiste Gaspard Deburau, lui par son génie d’acrobatie, par son génie, il était contorsionniste, il s’exprimait beaucoup avec le corps, il a remplacé toutes les expressions verbales par ces gestes et par des attitudes corporelles. Donc ça c’est la pantomime blanche, blanche parce que c’est Pierrot, que c’est un personnage inventé par Jean-Baptiste d’un personnage subalterne de la Commedia dell’Arte Pedrolino qui était le fils du meunier. Ça s’appelle la Pantomime Blanche, une pantomime muette. Marcel Marceau a créé le Mimodrame. Ce n’est plus muet parce qu’on avait le droit de parler. À un moment donné la Comédie-Française a supprimé cette exclusivité et a permis aux autres théâtres de s’exprimer. Les mots n’ont plus suffisamment d’importance pour pouvoir exprimer quelque chose, n’ont plus suffisamment d’impact, ce n’est plus assez définissable donc on utilise le corps, on utilise l’expression corporelle pour exprimer des sentiments encore plus élevés que ne peuvent exprimer les mots. C’est la naissance du Mimodrame. Après il y a eu la création du Mime Corporel, c’est Étienne Decroux. Dans « Les Enfants du Paradis » de Marcel Carné, scénarisé et dialogué par Jacques Prévert, je ne sais pas si vous l’avez vu… il joue le personnage du père de Jean-Baptiste Gaspard Deburau interprété par Jean-Louis Barrault. Donc on va aborder plutôt ce Mimodrame avec les enfants et les adultes. Et moins le Mime Corporel que Étienne Decroux a inventé où là on est vraiment dans de la géométrie. C’est très intéressant aussi mais on ne l’abordera pas dans ces stages. Et en mai il y aura un spectacle de Mime à l’Espace Saint-Jean le 24 mai, à 20 heures 30. Mr Alone dans « Marche dans les nuages » spectacle de Mime à sketches créé en 2011 en co-réalisation avec la Ville de Melun. Et il continue de partir en tournée. Cet hiver il sera à Briançon, il sera près du Mans au mois de février. Et il va revenir à l’Espace Saint-Jean. Une succession de sketches avec une voix off, ce qui est intéressant dans ce spectacle c’est qu’on part de la voix et on part d’un mime d’illustration pour aller vers un mime silencieux. Au milieu du spectacle vraiment les sketches sont silencieux. Et après, vers la fin du spectacle on se réoriente vers un spectacle sonore où le comédien, ou le personnage Mr Alone sur le dernier sketch fait du Yaourt, des onomatopées. On finit le spectacle de Mime avec des onomatopées et avec du son provenant du comédien. Un spectacle mis en scène par Anne-Marie Laussat.
Voilà on a fait le tour de la Saison. La neuvième Saison de la compagnie « Le Bateau Ivre » à l’Espace Saint-Jean de Melun. Si vous avez des questions il y a un micro que je vais vous donner. Vous avez des questions ? J’y répondrai avec grand plaisir.
Donc par quoi va commencer la Saison ? Quelle est la prochaine étape ?
C’est la Conférence – Débat le 12 décembre par Coralie Pasbecq « Lorenzaccio, texte audacieux ! ». Donc on va commencer par du réflexif, pendant une heure, de la connaissance. Elle va nous expliquer les choses. Moi je vais prendre beaucoup de notes. Ça va me servir pour la création. Je vais me servir de toutes ces conférences pour les remettre dans la création au travail avec Mario Gonzalez en janvier. Pendant une heure, Coralie Pasbecq va nous dire les… sa connaissance et l’heure d’après… puisque chaque conférence dure deux heures, c’est un micro qui se ballade dans la salle et les spectateurs peuvent l’interroger, la questionner ou s’opposer par rapport à ce qu’elle vient de dire, débattre.
Comment va sa passer la mise en place du spectacle ? C’est quoi les étapes ?
De Laurenzaccio ? Il y a quatre étapes. Il y en a eu quelques uns avant. Je crois que le projet remonte déjà à 2012… je crois que c’était en juin 2012 après l’entretien que l’on a filmé avec Anne-Marie, l’Entretien de Mario Gonzalez. Il m’a dit « Bon maintenant on fait un spectacle ensemble, ce serait bien. ». Je luis dis « Volontiers ». « Alors sur quoi ? » « Sur quoi ? Moi ce que j’aime c’est ma pièce fétiche de toute ma vie c’est Lorenzaccio d’Alfred de Musset. » « Bon ba voilà on va monter ça mais… en clown. » « Ah bon ! En clown… je n’ai jamais fait de clown. » Donc ça c’est 2012. « Excuse moi Mario, je suis très honoré, tu es mon idole depuis 1990 mais il faut que j’y réfléchisse. Est-ce que « Le Bateau Ivre » est suffisamment costaud pour supporter un tel projet ? Donc je te donne une réponse dans trois mois. » On se concerte avec Anne-Marie. On étudie : oui on le fait. Non on ne le fait pas. Mais si il faut le faire parce que c’est Mario Gonzalez. Oui mais on ne peut pas. Trois mois après on se dit « Bon on va le faire ». Parce que une vie passe très vite et que si on ne le fait pas maintenant on ne le fera jamais. Et que on n’a jamais été subventionné, on ne le sera pas… Et qu’il faut se débrouiller par nos propres moyens. Donc Mario on lui dit « Oui, Mario on le fait. » Après il y a eu l’étape de la première écriture. J’ai commencé à rassembler George Sand et Alfred de Musset leur œuvre et à concocter un manuscrit de 20 pages. Je l’ai présenté à Mario Gonzalez. Il a mis trois mois à le lire. J’ai trouvé ça long. C’est comme en casting. Quand on n’a pas de réponse : ce n’est pas bon. Il faut que la réponse vienne tout de suite. Donc après on a mangé ensemble, là il m’a dit « Ton texte si c’est ça… ça ne sert à rien qu’on le fasse. » Il faut que tu revois ta copie. » « Bon, volontiers Mario. Je suis prêt à le faire. » Je repars là sur une deuxième version du texte. Il faut que j’oublie ce que je viens de faire et que je recrée quelque chose de nouveau. Ça c’est depuis septembre là j’ai commencé à écrire et jusqu’en janvier je vais continuer d’écrire ici à l’Espace Saint-Jean, deux fois par semaine, pendant quatre heures sans rien qui me perturbe, j’écris. En janvier, je vais lui soumettre ma deuxième version… En même temps c’est jusqu’en juin 2014 donc j’ai jusqu’à juin 2014 pour lui proposer quelque chose de convenable mais à mi-chemin, mi-parcours, je vais lui montrer où ça en est. Après voilà on va discuter, en juin 2014 j’aurai fini ma deuxième version, j’espère la dernière version, je pense que ça ne sera pas la dernière version parce que il va évoluer en cours de création… La Saison 2014 / 2015 ça va être la cession travail de table, donc pendant onze jours avec Mario on va travailler sur le matériau de la deuxième version. Et la Saison 2015 / 2016 c’est on a trouvé des partenaires, on a trouvé des partenaires que ce soit des coproducteurs, on a trouvé des salles qui veulent nous accueillir sur les premières représentations et là on a un travail de plateau donc pendant quinze jours et c’est la création du spectacle. Il y a en même temps des confections de décors, des confections de costumes, des confections de scénographie, et ça c’est sur la Saison 2015 / 2016, pas avant. Parce que là on est sur l’écriture.
Pour le spectacle en lui même, sans trop nous en révéler… ça durerait combien de temps à peu près, combien de personnages ? Comment ça s’articulerait ?
Alors combien ça dure, c’est très facile à te répondre, parce que Mario Gonzalez tous ses spectacles il y a une cloche de départ et une cloche de fin. Et on choisit un temps. Moi j’ai choisi une heure dix. Parce que j’ai déjà fait beaucoup de spectacles seuls en scène « Le Funambule » de Jean Genet, « La Crosse en l’air » de Jacques Prévert, les deux premiers épisodes du « Roman d’un acteur » de Philippe Caubère. Et chacun avait une durée différente. « Le Funambule » je ne me souviens plus il faisait mais il devait faire peut-être 45 minutes. « La Crosse en l’air » faisait une heure dix. Et « Le Roman d’un acteur » on l’avait divisé il faisait 1 heure 45. 1 heure 45 pour moi même à l’époque, c’était dans les années 2000, c’était un peu long. 45 minutes trop court. 1 heure 10 « La Crosse en l’air » c’était l’idéal. Donc j’ai choisi un temps : 1 heure 10. La cloche de départ on commence le spectacle. Et là où on finit, peut-être que je n’aurai pas dit tout le texte, la cloche de fin à 1 heure 10, on se met en attitude et on salue. Voilà, après combien de personnages ? Aucune idée. C’est un seul en scène donc il y a un acteur mais combien de personnages cet acteur jouera-t-il je ne sais pas. A ce jour je ne sais pas du tout. Sur la première version que j’ai soumise il y avait 40 personnages. Dont 10 gros personnages et 30 qui n’intervenaient que sur deux répliques. Là à l’heure actuelle je ne sais pas du tout. Je ne peux pas te répondre là dessus.
Est-ce qu’on peut juste avoir un aperçu de cette œuvre « Lorenzaccio » ?
Oui j’ai commencé à apprendre.
Un résumé ?
De « Lorenzaccio » ? Oui volontiers. Alors « Lorenzaccio » selon Alfred de Musset raconte l’histoire en 1536 de Lorenzo de Médicis qui est un étudiant brillant et qui un jour dans un parc, se dit je vais délivrer Florence des griffes du tyran qui est luxuriant, dépravé, totalitaire, qui tue à bras raccourcix, à bras raccourcis. Et comment le tuer ? Comment délivrer Florence et les Florentins des griffes de ce tyran ? Il faut que je le tue… comment l’approcher ? Je vais être son entremetteur, je vais être son confident, je vais être son ami le plus proche, et son traître et il se perd. Jusque dans son entremise, son plan diabolique, il va se perdre. Et il va tuer ce tyran mais le peuple florentin n’est pas prêt à changer de système politique. On est sur de la tyrannie, il y a des républicains qui essayent de prendre le pouvoir mais très froidement, ils ne veulent pas vraiment le pouvoir, ils sont dans l’opposition mais si la tyrannie continue d’exister ce sera très bien pour eux. Eux ça leur permet de s’enrichir et de ne pas avoir de mains sales, pas d’engagement. Et donc le peuple n’est pas préparé et le jour où le tyran meurt, le jour où il y a une place libre pour un autre système politique, il y a le pape qui remet un autre Duc à la place et le système politique continue sur les mêmes bases. Et donc le geste terroriste de Lorenzo de Médicis n’a servi à rien. Parce qu’il faut dans un système politique il faut préparer, éduquer, le peuple. C’est lui qui est détenteur du pouvoir politique. C’est lui qu’il faut éduquer, c’est lui qu’il faut préparer, c’est lui qu’il faut amener à vouloir diriger son propre pays. Et pas se laisser gouverner les yeux fermés. Voilà en gros ce que ça raconte. Après il y a des personnages très importants comme Philippe Strozzi qui est justement l’opposition, le Républicain dans l’opposition, qui essaye de rassembler toute sa famille et d’être en opposition contre le gouvernement mais le problème c’est que il trop sage, trop installé, et pas assez dans l’engagement. Il y a son fils qui est Pierre Strozzi qui lui est un fougueux, et lui qui veut en venir aux armes et lui cherche l’alliance de François 1er, parce qu’il y a François 1er en France, Charles Quint qui gère toute la partie Allemande, Italienne, Espagnole, il y a le Pape qui est omniprésent. Et François 1er essaye d’avoir l’alliance de Pierre Strozzi pour renverser Charles Quint et le Pape, je crois que c’est Paul III, essaye d’avoir l’alliance de François 1er pour installer une république. Mais au dernier moment je crois que François 1er se retire et Pierre Strozzi reste seul et comme il est encore sous l’influence de son père Philippe Strozzi, il est encore trop jeune pour être fédérateur de personnes son plan échoue. Et après il y a le Cardinal Cibo et il y a la Marquise Cibo qui sont des personnages aussi très attrayants. La Marquise qui est la maîtresse d’Alexandre de Médicis essaye justement parce qu’elle a les confidences d’oreillers essaye de lui glisser à l’oreille : ce serait bien que tu sois plus républicain, ce serait bien que tu tues un peu moins, ce serait bien que tu empoisonnes un peu moins, que tu poignardes, que tu couches un peu moins à droite et à gauche et faire un droit de cuissage, ce serait bien que tu fasses moins tout cela… et le Duc la renvoie dans les bras de son mari. Donc il y a pleins de personnages qui essayent de faire évoluer mais ils n’y arrivent pas. Alfred de Musset a écrit cela en 1834 après une première révolution en 1830 qui a échoué, une révolution populaire en France. Lorenzaccio est teinté de ce pessimisme quand même. Face à l’avenir, qu’est-ce qu’on est prêt à installer comme système politique ? On est voué à l’échec. Je crois que c’est teinté par cette déception révolutionnaire de 1830.
Oserait-on dire qu’il n’avait pas tord le bougre ?
On a l’impression que tu nous raconte un petit peu l’histoire des américains au…
Avec l’Irak ?
Oui.
Oui. Avec la Lybie, avec l’Irak,… La Lybie : ce n’est pas parce que l’on a tué Kadhafi que la Lybie va mieux. Il aurait fallu préparer le peuple avant. Mais ce n’est pas ce que les gouvernements et les gouvernants veulent. Ils veulent de l’économie. Donc après ! Que les citoyens aillent bien ce n’est pas leur problème je pense. Donc oui c’est très actuel. C’est pour ça que Florimond Constant sur la Conférence « la politique dans Lorenzaccio » va nous être très utile parce qu’il s’y connaît énormément sur les cas de la Syrie, de la Lybie, sur les cas de l’Irak. Ce n’est pas parce que l’on tue Saddam Hussein que l’Irak va mieux. Au Pakistan avec Ben Laden il va nous expliquer aussi tout ça. Oui c’est très actuel… malheureusement. Alors soit Alfred de Musset était très visionnaire, soit on n’a pas énormément évolué. Je ne sais pas. Je n’ose pas répondre.
On n’a pas du beaucoup le lire non plus… malheureusement.
Non on n’a pas beaucoup du le lire mais on l’apprend au Lycée. C’est encore au Lycée dans le programme scolaire des lycéens, Lorenzaccio est encore une pièce qui s’étudie.
Ce projet avec Mario Gonzalez, qui est plus dans un univers clown, dans ton écriture est ce que tu envisages une écriture caricaturale ? Clownesque ?
Justement non. C’est ça que j’aime bien avec Mario on ne va pas partir sur quelque chose de caricatural, sur quelque chose de clownesque, de grotesque, de bouffon sur tout ce registre là mais on va partir sur : être le plus vrai possible, être le plus sincère possible. Être avec un nez de clown, mais être le plus sérieux possible. Et moi ça me ramène aux préceptes de Marcel Marceau qui disait pour faire du comique il faut être très sérieux. Et ne faites pas du comique dans « regardez moi je suis rigolo ». Mais « regardez comme je ne triche pas, comme je suis sincère et parce que cette sincérité ne me fait pas rire du tout… même Louis De Funès par exemple, ça ne le fait pas rire du tout, même Fernand Reynaud, mais les spectateurs de ce sérieux qu’a la personne peuvent se permettre de rigoler. C’est ce qui différencie les humoristes actuels où ils vont partir dans du grotesque, du comique « regardez comme je suis rigolo » et on ne va pas rigoler parce que ce n’est pas marrant… il faut se rapprocher de Marcel Marceau et Mario Gonzalez sur la sincérité… J’aime beaucoup le travail de Bouffon par exemple avec Jacques Lecoq ils font des choses très intéressantes mais on ne va pas partir là dessus. On va partir sur un nez de clown, un texte sérieux, et de la sincérité. Et c’est cette sincérité qui… dans cette sincérité il va y avoir des croches pieds, des fautes et c’est de ces fautes que vont apparaître les attraits comiques.
Le solo ce serait vous qui le jouerez ?
Oui ce serait moi qui le jouerai. Un solo ! Parce que Mario m’a dit tout au but en 2012, en juin, il m’a dit « quand est-ce que l’on fait un spectacle ensemble ? Avec toi ? » J’ai dit ce serait bien aussi qu’il y ait d’autres personnes, il m’a dit « oui ». Alors il y aurait peut-être Anne-Marie par exemple, et au bout d’un moment Anne-Marie a dit « non » et Mario a dit « Alors ce sera qu’avec toi ».
Après il va y avoir beaucoup de personnes autour. Je pense par exemple à Jean-Pierre Villaret qui nous a proposé ses compétences et ses services. C’est un réalisateur et il va réaliser un documentaire autour de la création de Laurenzaccio. C’est lui qui nous aidé sur Siemens.
Je vous propose de clore cette belle présentation, en tous cas j’ai été content d’être présent ici, de présenter la Saison et de présenter le projet. J’espère qu’il en a été de même pour vous récepteurs et communicants aussi. Merci à vous.

Le podcast :



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